Arrêt maladie pour burn-out : vous voulez savoir combien de temps il peut durer, combien vous serez indemnisé et quelles démarches faire dès aujourd’hui. Voici l’essentiel à retenir : l’arrêt est prescrit par votre médecin, les indemnités journalières démarrent à compter du 4e jour en cas de maladie non professionnelle, et certaines règles spécifiques s’appliquent si le lien avec le travail est reconnu.

Burn-out et arrêt maladie : le cadre pratique

Le burn-out (syndrome d’épuisement professionnel) n’est pas un intitulé juridique à lui seul : côté Sécurité sociale, il est géré comme un arrêt pour maladie. Le médecin évalue la situation, prescrit l’arrêt et choisit la durée adaptée. Selon les recommandations en vigueur, une première prescription ne dépasse en principe pas 31 jours, une prolongation 62 jours, avec possibilité de déroger si l’état clinique le justifie et qu’il l’indique sur l’avis d’arrêt.

Durée d’indemnisation : 360 jours sur 3 ans, 3 ans en ALD

En maladie « classique », vous pouvez percevoir des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) pendant jusqu’à 360 jours sur une période de 3 ans. Si votre pathologie est reconnue en affection de longue durée (ALD), l’indemnisation peut aller jusqu’à 3 ans. Dans la pratique d’un burn-out sévère assimilé à une longue maladie, votre caisse peut appliquer ces règles spécifiques après étude du dossier.

Combien allez-vous toucher en 2026 ?

Les IJSS en maladie sont égales à 50 % du salaire journalier de base, calculé sur la moyenne des salaires bruts des 3 derniers mois précédant l’arrêt, dans la limite d’un plafond. En 2026 :

• Votre salaire pris en compte est limité à 1,4 fois le Smic mensuel applicable au début de l’arrêt. Par exemple, pour un arrêt à compter du 1er juillet 2026, la limite prise en compte est de 2 613,83 € bruts par mois.
• L’indemnité journalière maximale s’établit à 42,97 € bruts par jour pour les arrêts prescrits à compter du 1er juillet 2026 (41,95 € en juin 2026).
• Un délai de carence de 3 jours s’applique au démarrage de chaque arrêt maladie, sauf exceptions.

Exemple simple : avec 2 600 € bruts mensuels en juin 2026, votre salaire dépasse la limite prise en compte pour juin (2 522,52 €). Vos IJ seront donc plafonnées au maximum correspondant à la période, puis soumises aux prélèvements sociaux. En cas d’arrêt débutant à partir du 1er juillet 2026, le plafond retenu est plus élevé et l’IJ maxi passe à 42,97 € bruts par jour.

Qui a droit aux IJSS et à quelles conditions ?

Les conditions d’ouverture de droits varient selon la durée de l’arrêt au total. Pour un arrêt inférieur à 6 mois, vous devez, par exemple, avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 derniers mois OU cotisé sur un salaire d’au moins 1 015 fois le Smic horaire sur les 6 derniers mois. Pour un arrêt supérieur à 6 mois (arrêt long), il faut notamment 12 mois d’affiliation et justifier soit de 600 heures travaillées sur 12 mois, soit de cotisations sur 2 030 fois le Smic horaire sur 12 mois. Ces seuils s’apprécient à la date de début d’arrêt et sont recalés sur le Smic en vigueur à cette date.

Maintien de salaire par l’employeur : complément possible

Si vous avez au moins 1 an d’ancienneté, le Code du travail prévoit, sous conditions, un complément employeur en plus des IJSS. Le niveau et la durée de ce maintien varient selon votre ancienneté et votre convention collective. Il peut s’appliquer après un court délai d’attente, et fonctionner par paliers (période mieux indemnisée puis période à un taux moindre). Vérifiez votre convention ou accord d’entreprise ; certaines prévoient un maintien quasi intégral via la subrogation, y compris pendant les 3 jours de carence.

Les exceptions au délai de carence

En cas de prolongation très rapprochée d’un arrêt initial, d’ALD (carence uniquement sur le premier arrêt de la période de 3 ans), d’accident du travail ou de maladie professionnelle, la carence de 3 jours ne s’applique pas. Selon votre convention, l’employeur peut aussi compenser la carence.

Démarches à effectuer en 48 heures

Le médecin envoie le plus souvent l’arrêt de travail par téléservice à la CPAM ; vous devez remettre le volet employeur sous 48 heures. Si l’arrêt est papier, adressez les volets 1 et 2 à la CPAM et le volet 3 à l’employeur sous 48 heures. Depuis le 1er juillet 2025, seuls les formulaires papier sécurisés sont acceptés ; scans et photocopies sont refusés. Votre employeur transmet une attestation de salaire à l’Assurance Maladie pour déclencher le paiement des IJSS. Le versement intervient après traitement, puis en moyenne toutes les 2 semaines.

Si le burn-out est lié au travail : accident du travail ou maladie professionnelle

Le burn-out peut, dans certains cas, être reconnu comme maladie professionnelle même s’il n’apparaît pas dans un tableau. La procédure passe par un examen du lien direct avec le travail par un comité d’experts. À défaut de reconnaissance en maladie professionnelle, l’arrêt reste indemnisé au régime « maladie ». Notez qu’en AT/MP, le démarrage des IJ diffère et la carence n’est pas appliquée, avec une prise en charge et une protection spécifiques. En pratique, déclarez sans tarder à la CPAM si vous estimez que votre état résulte du travail, et joignez les éléments médicaux et professionnels utiles.

Conseil pour la reprise et la suite

Pensez à demander une visite de pré‑reprise si l’arrêt se prolonge ou si un aménagement de poste est à prévoir ; elle favorise une reprise adaptée et durable. Côté budget, anticipez le passage à 50 % de votre salaire de base et, si besoin, sollicitez rapidement le service RH pour connaître votre complément employeur. Cette double démarche sécurise à la fois votre santé et vos revenus pendant l’arrêt et au moment du retour.

Sources

ameli.fr (Assuré) : Arrêt de travail pour maladie : les indemnités journalières du salarié : https://www.ameli.fr/assure/remboursements/indemnites-journalieres-maladie-maternite-paternite/indemnites-journalieres-pour-maladie/arret-maladie-salarie

ameli.fr (Assuré) : Arrêt maladie : les démarches du salarié : https://www.ameli.fr/assure/droits-demarches/maladie-accident-hospitalisation/arret-travail-maladie/arret-travail-maladie-salarie

Service-public.fr : Arrêt maladie : démarches à effectuer par le salarié : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F303

Service-public.fr (Actualités) : Arrêts de travail, Indemnités journalières de Sécurité sociale : les montants en 2026 : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18779

Légifrance : Code du travail, Chapitre VI : Maladie, accident et inaptitude médicale (Articles L1226-1 à L1226-24) : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072050/LEGISCTA000006177855/2026-02-19/

Service-public.fr : Maladie professionnelle : démarches à effectuer : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F176