L’université d’Harvard a suivi des individus pendant 85 ans pour comprendre ce qui détermine l’épanouissement personnel. Verdict : ni l’argent, ni le statut social, mais la qualité des relations sociales. Pour la génération Z, cette conclusion résonne particulièrement, tant ces jeunes semblent redéfinir les codes du bonheur face aux modèles hérités de leurs aînés. Entre réussite professionnelle, sens de la vie et tranquillité d’esprit, leur rapport à la richesse bouscule les certitudes.
L’argent fait-il vraiment le bonheur pour la génération Z ?
Selon une enquête réalisée par Yomoni auprès de 1 458 personnes entre le 27 et 31 mars 2023, 52 % des Français pensent que l’argent fait le bonheur : 38 % en sont totalement convaincus, 14 % moyennement. Mais derrière ce chiffre global se cachent des fractures générationnelles profondes.
66 % de la génération Z considèrent que l’expression « l’argent ne fait pas le bonheur » est totalement fausse. À l’opposé, 68 % des baby-boomers et 61 % de la génération X la jugent vraie. Pour ces derniers, la réussite personnelle se mesure souvent en termes de confort, de biens matériels ou d’épargne accumulée.
Pour la génération Z, la définition de la richesse est radicalement différente. Seuls 36 % d’entre eux associent fortune et loisirs et voyages, tandis que 71 % définissent le fait d’être riche comme ne plus avoir à se soucier de l’argent. Cette liberté financière prime sur la possession. Les baby-boomers (39 %) et la génération Y (34 %), eux, associent encore davantage la richesse à de beaux objets ou à des biens matériels.
- Pour la génération Z : richesse = absence de soucis financiers (71 %) et loisirs (36 %)
- Pour les millennials : richesse liée à la réussite personnelle (55 % sans soucis d’argent)
- Pour les baby-boomers : richesse = épargne de côté (39 %) et biens matériels (39 %)
Franchement, la peur de ne jamais être riche reste bien présente : 67 % des Français la ressentent, dont 24 % qui la redoutent vraiment. Pourtant, plus de 58 % des Français refusent de faire n’importe quoi pour s’enrichir, et seulement 4 % se disent prêts à tout. Côté investissement immobilier, il reste la stratégie d’épargne préférée (46 %), devant les actions boursières (19 %) et l’assurance-vie (12 %).
Quand l’équilibre entre sens et bien-être devient la vraie richesse
Un sondage Intuit de mars 2025 le confirme sans ambiguïté : 64 % des membres de la génération Z estiment que la tranquillité d’esprit dépasse l’accumulation de richesses. Mieux encore, 58 % d’entre eux privilégient leur équilibre de vie et leur temps personnel, même si cela implique de gagner moins.
Cette logique ne surprend pas Martin Seligman, fondateur de la psychologie positive. Sa méthode P.E.R.M.A place le sens et l’engagement au centre de l’épanouissement personnel. Or, 89 % de la génération Z, selon l’enquête mondiale Deloitte de 2025, considèrent qu’un travail qui a du sens est essentiel à leur satisfaction. À peine 6 % citent l’accession à un poste dirigeant comme objectif prioritaire.
Ces jeunes ne rejettent pas l’argent, mais cherchent à l’aligner avec leurs valeurs et leur intégrité éthique : achats en seconde main, boycott de marques problématiques, produits écologiques. Maud, par exemple, rêve d’un CDI et d’un salaire suffisant pour vivre et donner à des associations. Elina, elle, revendique la conscience de ses privilèges et souligne que sa génération pense davantage à mieux dépenser qu’à accumuler.
- Trouver un travail porteur de sens avant de viser un poste de prestige
- Aligner sa consommation avec ses convictions éthiques
- Construire sa sécurité financière sans sacrifier son bien-être
Seulement un jeune Français sur six croit en son avenir financier, selon l’Observatoire du sens de l’argent. Ce chiffre dit tout sur la relation complexe que cette génération entretient avec la notion de réussite professionnelle.
Des liens sociaux et une santé mentale au cœur du bonheur de la Gen Z
L’étude de 85 ans menée par l’université d’Harvard est formelle : pouvoir compter sur une seule personne de confiance suffit à favoriser l’épanouissement tout au long de la vie. Pourtant, selon le gouvernement français, 62 % des 18-24 ans se sentent régulièrement seuls. Le paradoxe est brutal pour une génération hyper-connectée.
Une génération qui réoriente ses dépenses vers la santé
Face à ce vide relationnel, la génération Z américaine redistribue ses priorités de consommation de façon spectaculaire. Les dépenses en technologie et divertissement reculent chacune de 18 %, celles en vêtements de 11 %. À l’inverse, les investissements dans l’alimentation saine bondissent de 50 %, ceux dans la santé mentale de 26 %, et la longévité de 25 %.
En France, la tendance est similaire. La consommation d’alcool baisse nettement, et les abonnements en salle de sport progressent d’environ 10 % : aujourd’hui, 37 % des 16-25 ans sont inscrits dans une salle. La fédération d’athlétisme confirme ce dynamisme : en 2025, 40 % des finishers lors des compétitions ont moins de 35 ans.
Le stress financier, un révélateur des inégalités générationnelles
L’enquête menée par Dynata et BetterHelp met en lumière une réalité préoccupante : 61 % des millennials vivent leur situation financière comme une source de stress permanente, contre 49 % pour la génération X et seulement 32 % chez les baby-boomers. La pression économique pèse massivement sur les jeunes, ce qui renforce leur besoin de trouver un équilibre de vie solide entre liens humains, santé mentale et sérénité financière.
- Cultiver des relations sociales profondes plutôt que multiplier les connexions virtuelles
- Investir dans sa santé mentale comme levier de bonheur durable
- Réduire certaines dépenses pour financer un bien-être plus aligné avec ses valeurs
La vraie question que pose la génération Z est peut-être celle-là : si les relations sociales comptent plus que tout, pourquoi ne pas les placer au centre de chaque décision financière, professionnelle et personnelle ? C’est peut-être là que se construit, concrètement, un sens de la vie qui tient dans la durée.